1,6 million de Français soufflent leurs 65 bougies chaque année. En franchissant ce cap, ils ne reçoivent pas seulement des vœux de bonheur ou une carte ornée de ballons : la législation leur attribue, parfois sans tambour ni trompette, une série de droits et de dispositifs sur-mesure. Mais quels sont ces avantages, et comment les activer concrètement ?
Après 65 ans : panorama des principaux avantages légaux pour les seniors
Dès 65 ans, la loi française déploie une palette de droits seniors conçue pour accompagner l’avancée en âge. Parmi ceux-ci, certains concernent l’accès à des services à domicile ou l’obtention d’un soutien financier en cas de perte d’autonomie.
L’allocation personnalisée d’autonomie (APA) constitue l’un des piliers de cette protection. Gérée au niveau départemental, elle prend en charge une partie des dépenses liées aux actes essentiels de la vie quotidienne. Que la personne âgée reste chez elle ou intègre un Ehpad, le montant attribué dépendra de son niveau de dépendance et de ses ressources. À Paris ou dans n’importe quel département, la demande s’effectue via le centre communal d’action sociale ou le conseil départemental.
Le maintien à domicile s’appuie sur un éventail d’aides concrètes. Voici quelques prestations courantes pouvant alléger le quotidien :
- Portage de repas à domicile
- Adaptation du logement (barres d’appui, transformation de salle de bains)
- Intervention de services à la personne
Les travaux d’aménagement bénéficient de dispositifs comme Ma Prime Adapt’ ou l’Aide de l’Anah, permettant de financer tout ou partie des adaptations nécessaires.
Au-delà du domicile, les personnes de plus de 65 ans profitent également de tarifs réduits dans les transports publics, les musées, ou lors d’activités culturelles et sportives. Lorsque le handicap ou la perte d’autonomie s’ajoutent au critère d’âge, la liste des dispositifs mobilisables s’allonge sensiblement. Il est vivement recommandé de solliciter un point d’information local pour s’y retrouver et activer les démarches adaptées à chaque situation.
Quels allègements fiscaux et exonérations en 2025 pour les retraités ?
En 2025, la plupart des avantages fiscaux dont bénéficient les retraités restent inchangés. Une fois 65 ans atteints, un abattement fiscal spécifique s’applique à l’impôt sur le revenu, sous condition de ne pas dépasser un certain seuil de ressources. Cet avantage est attribué automatiquement dès lors que le revenu net global respecte le plafond défini annuellement par l’administration fiscale.
D’autres exonérations concernent la taxe d’habitation et la contribution à l’audiovisuel public. Les retraités peuvent profiter d’une exonération totale ou partielle de la taxe d’habitation sur leur résidence principale, à condition que leurs ressources n’excèdent pas un niveau déterminé. La suppression de cette taxe se poursuit progressivement pour tous les foyers. Quant à la contribution audiovisuelle, elle n’est plus d’actualité depuis 2022.
Le crédit d’impôt pour l’emploi à domicile représente un atout de taille pour ceux qui font appel à des services à domicile, tels qu’une aide-ménagère, un soutien informatique ou des petits travaux de jardinage. Ce crédit couvre 50 % des sommes dépensées, à hauteur des plafonds annuels fixés par la réglementation.
Pour les travaux d’adaptation du logement, « Ma Prime Adapt’ » se combine avec un crédit d’impôt dédié, à condition de remplir les critères d’éligibilité. Ces soutiens financiers visent à encourager les aménagements nécessaires au maintien à domicile en toute sécurité.
Enfin, les plus-values immobilières issues de la vente de la résidence principale échappent à l’impôt, et ce, quel que soit l’âge du vendeur. Un avantage notable lors de la gestion de son patrimoine à la retraite.
Aides sociales et soutien au quotidien : ce à quoi vous pouvez prétendre
Le passage à la retraite rime parfois avec une situation financière plus fragile. Pour y faire face, plusieurs aides sociales existent afin d’accompagner les seniors à chaque étape de leur vie après 65 ans.
L’allocation de solidarité aux personnes âgées (Aspa) garantit un revenu minimum à ceux dont les ressources sont modestes. Attribuée par la Caisse nationale d’assurance vieillesse, elle s’ajuste précisément à la situation financière du bénéficiaire pour préserver sa dignité.
La perte d’autonomie se traduit souvent par un besoin d’aide dans les actes quotidiens. L’allocation personnalisée d’autonomie (APA) permet de financer, tout ou partie, les interventions à domicile ou les aménagements nécessaires. Chaque dossier est examiné avec soin, en fonction du degré d’autonomie évalué grâce à la grille Aggir.
Côté logement, des dispositifs comme l’APL ou l’ALS, versés par la Caf, réduisent le coût du loyer ou de l’hébergement en établissement (Ehpad, résidence autonomie). Pour faciliter le maintien à domicile, le portage de repas et l’aide à la préparation reçoivent également un soutien financier.
Sur le plan de la santé, la complémentaire santé solidaire (anciennement CMU-C et ACS) assure une prise en charge sans avance de frais pour les personnes à faibles revenus. Certaines collectivités proposent aussi des aides ponctuelles ou des chèque-vacances, à solliciter auprès du centre communal d’action sociale.
Les démarches peuvent parfois sembler complexes. Pour s’y retrouver, il est conseillé de prendre contact avec le CCAS, la Caf ou la caisse de retraite compétente. Les critères d’attribution et les plafonds de ressources évoluent régulièrement, d’où l’intérêt de vérifier chaque année les conditions en vigueur.
Travailler, cumuler emploi-retraite ou bénéficier de l’assurance chômage : vos droits expliqués
Atteindre l’âge légal de la retraite ne signe pas forcément la fin de l’activité professionnelle. Nombreux sont les seniors qui poursuivent une activité après 65 ans, que ce soit pour le plaisir, pour compléter leurs revenus ou pour entretenir des liens sociaux.
Le cumul emploi-retraite ouvre la possibilité de percevoir simultanément une pension de retraite et un salaire. Pour cela, il faut avoir liquidé l’ensemble de ses droits à la retraite, tant de base que complémentaire. Ce cumul peut être total ou partiel, selon le régime auquel on a cotisé et la carrière professionnelle. Quelques démarches sont nécessaires auprès de la caisse nationale d’assurance vieillesse (Cnav) ou de l’organisme compétent pour activer ce mécanisme.
En cas de cumul partiel, il existe un plafond : le total des pensions et du salaire ne doit pas dépasser un seuil défini par la Sécurité sociale. Anciens salariés du privé, fonctionnaires ou indépendants, chaque catégorie suit des règles spécifiques et doit signaler la reprise d’activité à son régime de retraite.
Pour ceux qui cherchent un emploi après 65 ans, la possibilité de toucher l’allocation chômage demeure, sous réserve d’avoir travaillé et cotisé suffisamment avant la cessation d’activité. L’accès à cette indemnisation dépend de la durée d’affiliation et du nombre de trimestres validés. Il faut également s’inscrire auprès de France Travail (anciennement Pôle emploi) et actualiser régulièrement sa situation.
Le marché du travail commence lentement à s’ouvrir davantage aux seniors. Plusieurs dispositifs encouragent désormais l’embauche de salariés expérimentés : contrats adaptés, mesures d’accompagnement, aides à l’embauche, voire allègements de charges dans certains secteurs.
À 65 ans, la vie ne se rétrécit pas à une case administrative. Les droits évoluent, parfois silencieusement, souvent sur-mesure. Pour en profiter pleinement, mieux vaut garder l’œil ouvert et ne pas hésiter à activer les bons leviers. Le cap des 65 ans n’est pas une porte qui se ferme, mais un seuil où s’invitent de nouveaux possibles.


